dimanche 22 février 2009

Spécial Amazonie


Jeudi 12 Février 2009, nous faisons la connaissance de notre guide Deuzimar, qui nous accompagne dans la forêt Amazonienne pendant 4 jours.
Nous nous rendons au port de Manaus où Cris, notre cuisinière, nous attend. 20 minutes de bateau plus tard, nous atteignons l’autre rive et prenons un bus qui nous mène au fleuve Acajatuba, affluent du Rio Negro.
Pour atteindre l’endroit où nous séjournons, nous parcourons le fleuve durant 30 minutes avec Valmir, notre capitaine de pirogue durant le séjour (seul moyen de transport utilisé). Dès les premiers instants, nous sommes émerveillées devant cette nature à l’état pur.
Au cours du trajet, on aperçoit les maisons typiques en bois, dispersées à quelques endroits au bord ou au milieu de l’eau.
Nous arrivons chez Raimundo, personnage très charismatique et attachant qui nous fait visiter les lieux dont le charme simple nous séduit.
Nous installons nos hamacs et rendons visite aux voisins les plus proches (10 minutes de pirogue) pour leur acheter des citrons comme nous n’en avons jamais vu : ils ont la taille d’oranges ! L’accueil qui nous ait fait est incontestablement d’une simplicité et d’une chaleur que nous n’avons jamais rencontré.

Quelques portraits des natifs :









Nous qui ne croyons rien manger pendant 4 jours, Cris, toujours souriante et de bonne humeur, est aux petits soins pour nous.
Dans l’après-midi nous allons chez Flavio et Cecilia, famille native composée de 15 enfants où le même accueil nous est réservé. Nous apprenons les différentes utilisations du Manioc et goûtons à une galette de Tapioca cuisinée par Cecilia sur un gigantesque four en terre cuite, accompagné de jus de Cupuaçu et de Caju.
Nous poursuivons la visite dans le jardin médicinal où Deu nous donne l’explication de quelques plantes. Par chance et par choix, notre guide est francophone. Amoureux de la nature, c’est la personne idéale pour s’immerger dans cet environnement.
En rentrant une surprise nous attend devant la maison, un serpent du nom de Jararaca.
Cela nous rappelle que nous sommes bien en Amazonie et qu’il faut faire attention où on met les pieds !
Le lendemain, debout à 5h pour écouter le réveil de la forêt en attendant le lever du soleil.
Instant magique et intense où nous nous sentons en osmose avec la nature.
Après le petit-déjeuner toujours aussi royal composé de pastèque, tapioca, tucuman, bananes fries, café, ananas, papaye et mangue ; nous sommes d’attaque pour aller bivouaquer dans la forêt. Nous marchons quelques heures, rythmées par les explications de Deu : L’Amazonie est un lieu unique au monde pour la richesse de sa faune et de sa flore, elle abrite 1/3 voir la moitié de toutes les espèces vivantes sur Terre : Au moins 300 espèces de mammifères, 1300 espèces d’oiseaux, 3000 espèces de poissons, des centaines de reptiles et d’amphibiens et 2 à plusieurs millions de variétés d’insectes. Un hectare peut contenir 500 à 700 espèces différentes d’arbres et le double de variétés de plantes.
Nous installons notre campement et préparons le déjeuner : Poisson grillé au feu de bois que nous dégustons dans des feuilles de bananier.
Petite sieste dans les hamacs bercés par le chant de la forêt et c’est reparti pour la marche.
À la nuit tombée, nous partons observer les caïmans. Selon Deu le principe est simple : « Je repère, je me penche, j’attrape, je vous le présente, vous le tenez, je le relâche. » La pirogue étant au ras de l’eau et la nuit trop noire, nous nous serrons tous au milieu du bateau (tous, c’est à dire les 3 filles). Par chance, il attrape un petit qui n’a que 3 mois sachant qu’un adulte peut atteindre la taille de 8 mètres.
Troisième jour (déjà), nous nous rendons au petit village afin d’apprendre l’histoire du caoutchouc que nous explique Elias.
Le liquide blanc élastique connu depuis longtemps des Indiens provient d’un arbre appelé Hevea et a fait la prospérité de la bourgeoisie de Manaus dans la 2ème moitié du 19ème siècle, pendant que les paysans se tuaient au travail. Au début du 20ème siècle, un anglais réussi a se procurer clandestinement plusieurs graines qui furent cultiver en Malaisie, devenant le concurrent du Brésil. Peu de temps après, la production de Manaus chuta et la Malaisie devint le 1er producteur mondial de caoutchouc.
Valmir, qui n’a jamais pu vivre en ville, nous invite chez lui et sa femme où nous passons un agréable moment avec les autres habitants.
Après le déjeuner, nous débarquons sur une plage de sable fin et découvrons de nouveaux paysages.
Puis, nous allons pêcher le piranha qui sera notre diner du soir.
Nous profitons d’un magnifique coucher de soleil accompagné de fruits servis sur pagaie.
Nous rentrons avant l’averse quotidienne, impressionnante mais de courte durée. Malgré la chaleur, nous apprenons que nous sommes en hiver, ce qui équivaut à la saison des pluies. Comme chaque soir, nous nous retrouvons sur le « balcon » afin d’observer les étoiles et de discuter.
Dimanche, dernière ballade dans la jungle. Juste avant de reprendre le bateau, Manue fait la connaissance d’un nouvel ami appelé Preguiça.
Le grand village est notre dernière visite. Beaucoup de personnes vivent de l’artisanat et leurs créations originales sont toutes magnifiques.
Nous avons passé 4 jours extraordinaires, décidément trop court mais étant obligées de passer par une agence, notre budget ne nous permet pas d’y rester plus longtemps. Suite à l’invitation des habitants, nous promettons de revenir plus longuement dès que possible.
Il est difficile de quitter ce paradis naturel ainsi que l’équipe à qui nous dédions ce message.
Nous remercions Deu, Cris, Valmir et Raimundo pour les instants partagés, leur disponibilité, leur gentillesse, leur générosité et leur accueil.
Retour à la ville pénible à vivre, dès le mardi nous reprenons la route en direction du Venezuela où nous sommes attendues par une famille dont nous avons eu le contact en France avant le départ.

lundi 9 février 2009

De Guajara-Mirim à Manaus


Lundi 2 février, nous voilà à la recherche du service d’immigration de Guajara-mirim situé à l’autre bout de la ville, en toute logique brésilienne ! Notre passeport de nouveau tamponné, nous partons pour Porto Velho, capitale de la région du Rondônia. De là, nous embarquons le mardi soir sur le « Dois Irmaos » munis de hamacs au préalable. La première nuit, nous restons au port en attendant le départ prévu le lendemain à 10h30…en réalité nous ne partons pas avant 20h le mercredi.

On comprend vite le mode de vie de l’embarcation : musique à fond de 7h à 4h du matin et réveil à la militaire à 6h30 pour ce qui ressemble à du café ; pour le repos on repassera ! Pour ce qui est des repos, nous mangeons face à un mur, les uns après les autres avec pour menu quotidien riz, pâtes et flageolets, on se croirait presque en prison ! Nous oublions vite la douche et évitons le plus possible les toilettes…on vous passe les détails ! Bref, ca n’a rien d’une croisière mais bien d’un moyen de transport très économique pour rejoindre Manaus (pas d’autres options de toute façons).
La rencontre de 3 jeunes Brésiliens nous fait oublier tous ces désagréments. Nous sympathisons avec eux dès la première fête sur le bateau, devenant nos protecteurs durant le reste de la traversée face aux gens alcoolisés du matin au soir.
Passant 3 jours sur le rio Madeira et l’Amazone, nous faisons d’autres connaissances tout aussi agréables avec des passagers venant de différents horizons.

Les paysages tout droits sortis du Livre de la Jungle nous donnent un avant-goût de notre expédition en forêt à Manaus et sont ponctués par endroits d’habitations en bois bordant la rivière. Malheureusement, cette nature est mise en danger par le comportement de la majorité des passagers : Le fleuve sert de poubelle. Malgré plusieurs tentatives d’explications, il est difficile de leur faire comprendre l’importance de la protection de l’environnement.
Nous débarquons au port de Manaus le samedi 7 février, impatientes de découvrir plus en détails la forêt Amazonienne.

De Corumba à Guayaramerim

De Corumba à Guayaramerim

Nous arrivons à Corumba le lundi 19 janvier afin de franchir la frontière et de passer en Bolivie. Comme pour les autres pays d’Amériques du sud, nous pensons obtenir le tampon de sortie du Brésil à la douane, mais à notre grande surprise nous apprenons que celui-ci s’obtient au terminal de bus situé en plein centre ville, ce qui nous paraît complètement illogique. Ce contretemps nous fait ainsi louper notre train et nous contraint à rester deux jours de plus le temps de réunir tout les éléments nécessaires : nouveau billets de train, tampon de sortie et d’entrée. Nous voilà ainsi parties sur un rythme de croisière pour 22 heures de train : Très lent mais traditionnel, aux paysages superbes accompagnés de rencontres avec la population locale.
A 9H le vendredi 23 nous sommes à Santa Cruz capitale de la région du même nom, à l’est du pays. De nouveau un incident nous oblige à rester une nuit dans cette ville qui pourtant ne nous inspire guère : Manu se fait avaler sa carte au premier distributeur rencontré. Une fois ce problème résolut, nous partons visiter le village de Samaipata situé à 130 km.
Nous souhaitons faire l’aller retour dans la même journée mais nous apprenons qu’il est impossible de se déplacer durant pendant le week-end en raison du vote proposé par Evo Maurales. Les avis divergent mais d’après ce que nous avons compris le président souhaite interdire l’apprentissage de la religion à l’école des l’âge de 5 ans et une partie du pays semble s’y opposer. Nous refaisons donc notre planning et décidons de profiter plus longuement du village et de ses environs au détriment du reste du pays.

Nous préférons en effet explorer un peu plus cet endroit plutôt qu’en voir plusieurs en coup de vent. C’est une chose que nous ne regrettons pas car la région est magnifique : paysages de plaines et de forets à perte de vue qui nous offre pas mal de possibilité de faire de ballade à pied et à cheval. De plus l’ambiance de Samaipata est des plus agréable, les gens y sont accueillants et la vie paisible.

Nous rencontrons d’ailleurs au cours de notre séjour plusieurs étrangers ayant eu un coup de cœur pour ce petit paradis dont ils ne sont jamais repartis. L’endroit où nous logeons nous incite également à y séjourner plus longtemps, tous les éléments réunis dans cette petite auberge forment un cadre apaisant.

Par la suite nous devons nous rendre au nord de la Bolivie afin de regagner le Bresil. Entre les routes inondées et la densité de moustique a cette époque de l’année, nous hésitons longuement entre le bateau et le bus, mais préférons ce dernier. Ne sachant pas précisément combien de temps le trajet va nous prendre, nous choisissons de ne pas faire d’escale. De retour à Santa Cruz le jeudi 29 janvier nous prenons un bus de nuit jusqu’à Trinidad, puis des le lendemain matin un autre pour nous mener à Gayaramerin. Celui ci ressemble à un 4X4 et nous comprenons vite pourquoi : le trajet à des allures de rodéo et le chemin très humide et boueux fait que nous nous enlisons a plusieurs reprises. Apres 38 heures de route nous arrivons enfin à destination épuisées par ce périple. Sur les conseils d’un passager nous passons la nuit dans un hôtel où les bêtes sont les maitres des lieux. Draps sales, humidité et odeurs en tout genres, nous repartons sur le champ des la douane ouverte le lundi matin. 15 minutes de bateau et nous voilà de retour au Brésil.